Salut, moi c’est Amandine Verdunia et je vais vous offrir mon témoignage sur mon changement radical de vie. Avant, j’étais une jeune femme bien dans mes baskets, une citadine qui aimait sortir, boire des coups avec les copains, acheter de belles fringues toutes les semaines. Bref, j’aimais consommer sans compter. J’avais tous les appareils dernier cri, le high tech comme on dit.
Mais un jour, il m’est arrivé une mésaventure qui a fait basculé ma vie. J’ai mis mon linge à sécher dans le sèche-linge ! Oui, ça paraît banal dit comme ça. Mais ce que j’ai oublié de préciser, c’est que je n’avais pas pris le temps de nettoyer le filtre. Et là, le drame !

J’ai failli périr dans un terrible incendie comme les parents des orphelins Baudelaire ! Et là, j’ai pris conscience que je passais à côté de ma vie. Que je la risquais pour rien. Alors j’ai bazardé tous mes appareils électriques, du moins ceux qui me paraissaient vraiment dangereux (four, grille-pain, sèche-cheveux, machine à laver et ce satané sèche-linge assassin). J’étais une consommatrice, je suis devenue une écolo pure et dure !
Exit la machine à laver et le sacro-saint sèche-linge. Je suis revenue à la bonne vieille méthode de nos arrière-grands-mères : la bassine et la corde à linge. Quelle joie de faire ma lessive au grand air ! Je ne vois que des avantages : je peux ajouter des huiles essentielles de plantes selon mon humeur, je m’aère l’esprit et les bronches en passant deux bonnes heures dehors à patauger dans l’eau savonneuse, je me muscle les biceps. Du coup, j’ai annulé mon abonnement à la salle de sport : plus le temps d’y aller, mais plus vraiment besoin vu l’exercice intense que représente une séance de lavage. Non vraiment, rien que des avantages !

Du coup, j’ai poussé un peu plus loin le concept d’écologie, pour me nourrir, et là encore, changement radical de cap. Avant, j’errais dans les supermarché à la recherche d’offres promotionnelles exceptionnelles, de gros lots à entasser dans mon caddie, puis à ranger efficacement dans mes petits placards. Je passais un temps fou dans les rayons à me demander s’il valait mieux que je prenne de la glace menthe-chocolat ou bien chocolat-menthe.
J’ai abandonné les supermarchés et je me suis mise à la culture. Quelle satisfaction de planter ses graines, de les arroser pendant des jours et des jours et de les voir pousser petit à petit pour donner de bons légumes bio plein de vitamines.
Certes, je passe beaucoup de temps à jardiner ; désherber, arroser, récolter, ça prend du temps, tout ça. Sans compter les conserves à faire après pour ne pas voir sa précieuse récolte se perdre. Je ne vois plus beaucoup mes amis, c’est certain : mais si un jour, j’ai à nouveau le temps de les recevoir à la maison, j’aurais de quoi les accueillir avec mes conserves de haricots et mes compotes de pommes.

Toujours côté nourriture : j’ai arrêté les livraison à domicile. Avant, mon péché mignon, c’était de me faire livrer des pizzas. Mais vous imaginez un peu la consommation de carburant du livreur de pizzas avec son scooter miteux ? Et tout ce carton utilisé pour rien ?
Alors j’ai arrêté les pizzas. je me suis mise à la pêche à la place ! C’est beaucoup plus sain, je respire le grand air, je prend le bus pour aller à mon petit coin favori et je grille mon poisson. Bon, oui, j’ai mis un peu de temps à accepter de toucher aux asticots, je l’avoue : au début, je pêchais sans appât et c’était pas très concluant. Mais après avoir passé outre mon dégoût initial, quel plaisir ! On passe des heures sous un soleil de plomb à attendre que ça morde. Quand ça arrive, on arrive à sortir le poisson une fois sur deux. il faut ensuite l’assommer de façon humaine pour ne pas qu’il souffre outre mesure, puis on le vide, on l’écaille, on le grille, on sent le poisson frit pendant des heures et il faut laver le linge de suite pour éviter les odeurs imprégnées. Oui, ça prend du temps, encore une fois, mais que voulez-vous ? On n’a rien sans rien !

Côté loisirs, j’ai aussi beaucoup changé. Avant j’allais régulièrement au cinéma, me goinfrer de pop-corn plus ou moins frais, me gorger de soda light er regarder des films à l’eau de rose qui me rendaient tristes. Mais je me suis rendue compte de mon erreur : le ciné, c’est tout sauf écolo ! Et pas très sain comme activité… Je ne vous parle même pas des cochonneries que l’on mange au ciné, vous vous en doutez, avec mes changements d’alimentation, impossible pour moi de revenir en arrière. Mais en plus, les films ne sont jamais réalisés de façon écolo : on refait des prises, on gaspille, on ne parle pas de la planète, on fume, on enfume, on se fiche de la planète et tout le bazar ! Même les actrices, quand elles ne sont plus de première jeunesse, on les jette comme des mouchoirs en papier ! Pas de recyclage, dans le cinéma ! Alors, je boycotte ! J’ai trouvé une activité bien plus en raccord avec mon nouveau style de vie : le lancer de fer à cheval !Déjà, recyclage : on prend des vieux fers à cheval, des bouts de bois déjà utilisés et on a un jeu tout neuf. Et puis, encore une fois, comme c’est un jeu de plein air, on respire à fond quand on joue. C’est passionnant, on ne pleure pas une seule fois comme devant des films d’amour idiot, on est debout (donc on reste en forme), on peut y jouer à plusieurs ou seul (ça m’arrange vu que mes amis ne viennent pas souvent me voir depuis que j’ai changé de vie). Un loisir super écolo, le lancer de fer à cheval !

Et côté lecture me direz-vous ? C’est simple, avant je lisais des magazines à tire-larigot, j’en prenais une dizaine par semaine, et après, je les jetais sans remord, ne m’inquiétant pas de ce qu’ils devenaient par la suite. Pas très responsable comme attitude et pas écolo pour deux sous. Alors je suis passé à la liseuse ! Oui, je sais, c’est un appareil électronique high tech qui est polluant à fabriquer. Mais à l’usage, quelles économies de papier ! On laisse les arbres tranquilles, on emporte notre bibliothèque partout avec nous (quand on peut sortir, parce que bon, faut pas se mentir, depuis que je suis écolo, je ne sors plus trop pour ne pas consommer de carburant inutile).

Voilà, je suis devenue écolo, j’ai perdu une bonne partie de mes amis, j’ai dû arrêter mon travail pour pouvoir m’occuper de mon jardin et de ma lessive, je ne consomme plus beaucoup, je suis presque auto-suffisante mais je paye encore des factures exorbitantes pour ma maisonnette. Je suis plus en phase avec la planète même si elle m’envoie encore des maladies bizarres et des insectes qui bouffent mes récoltes. Je ne sais pas si je suis plus heureuse, mais en tout cas, je fais des efforts pour l’être.
Ma façon de vivre vous fait rêver ? Alors lancez-vous !